• Tout le monde ment - Massilia Sound System - Vidéo et paroles

     

     

     

     

     

     

     

    Un classique de nos manifestations, il est vrai qu'on peut difficilement mieux faire comme message : "Tout le monde ment, tout le monde ment, le gouvernement ment énormément !"

    Extrait de l'album 3968 CR 13 (2000).

     

     Vidéo :

     


    Massilia sound system - tout le monde ment

     

    Paroles complètes :

     

    Tout le monde ment,
    Tout le monde ment,
    Le gouvernement
    Ment énormément !

    Le physique ment, le mental ment,
    Le vulgaire ment et le poli ment,
    Le béat te ment et le triste ment
    Et le sage ment et l'idiot te ment.
    Oui, l'idiot te ment et le censé ment,
    L'illogique ment et le carré ment,
    La cruelle ment et la bonne ment,
    Y a que ma maman qui ment rarement.

    Le sauvage ment et le paisible ment,
    Le social ment et l'isolé ment,
    L'unanime ment et l'à part te ment,
    Si le zélé ment, l'illégal ment.
    L'illégal ment, le pénal ment,
    Oui, le châtiment immédiat te ment,
    Et le juge ment et l'amende ment.
    Et le garnement ment certainement.

    Le docile ment, l'affranchi se ment,
    Le laïc ment, le dévot te ment,
    L'éternel ment mais le diable ment,
    Oui, assurément, cet enfer me ment.
    C'est l'enfermement, le réel ment,
    Le troisième ment, la deuxième ment,
    Sur l'événement la première ment,
    C'est du boniment continuellement.

    Si la vache ment alors le pis ment
    Et si le pis ment alors le lait ment,
    Bien sur la jument et le caïman,
    Dans l'eau, le sar ment, le chevesne ment,
    Le Chevènement et l'Allègre ment
    Et la droite ment et l'extrême ment,
    Politiquement l'investi se ment
    Et le Parlement ment communément.

    Le terrible ment et le gentil ment,
    Le brutal ment et le doux se ment,
    Le tranquille ment, le féroce ment,
    L'héroïque ment, l'ordinaire ment.
    Ordinairement, bien sûr l'arme ment
    Et, au régiment, le général ment,
    Le stupide ment, pas de traitement,
    Le médical ment, y a pas de calmant.


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     Il n'y a plus rien - Léo Ferré - Vidéo et son

     

     

     

     

     

     

     

    Je me souviens des émissions de Foulquier sur France Inter quand il invitait Léo Ferré! J'ai découvert l'anarchie grâce à ça! Je n'ai jamais été vraiment anar, mais se rebeller contre l'ordre établi, la pensée unique, c'est une hygiène de vie! Les anarchistes jouent leur rôle dans ce domaine! Merci Léo donc!

    C'est mon premier article sur Léo Ferré, j'aurai pu commencer par des "classiques", mais j'ai choisi un texte moins connu et plus exigeant, qui va vous demander un peu plus de 13 minutes d'attention!

    Extrait de l'album "Il n'y a plus rien" (1973), ce texte (du même nom que l'album) peut être vu comme un cri d'anarchie après la désillusion de Mai 1968 ...

     

    Le son deezer :

     
    Paroles :
     
    Écoute, écoute... Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

    Immobilité... L'immobilité, ça dérange le siècle.
    C'est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps.
    Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti...
    C'est vraiment con, les amants.

    IL n'y a plus rien

    Camarade maudit, camarade misère...
    Misère, c'était le nom de ma chienne qui n'avait que trois pattes.
    L'autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu'elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture.
    Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.
    Camarade tranquille, camarade prospère,
    Quand tu rentreras chez toi
    Pourquoi chez toi?
    Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d'Alésia ou du Faubourg
    Si tu trouves quelqu'un qui dort dans ton lit,
    Si tu y trouves quelqu'un qui dort
    Alors va-t-en, dans le matin clairet
    Seul
    Te marie pas
    Si c'est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée

    Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs...
    Tu pourras lui dire: "T'as pas honte de t'assumer comme ça dans ta liquide sénescence.
    Dis, t'as pas honte? Alors qu'il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs?
    Espèce de conne!
    Et barre-toi!
    Divorce-la
    Te marie pas!
    Tu peux tout faire:
    T'empaqueter dans le désordre, pour l'honneur, pour la conservation du titre...

    Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir!

    Il n'y a plus rien

    Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
    Parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre,
    Il en a marre qu'on lui dise: " Sale blanc!"

    A Marseille, la sardine qui bouche le Port
    Était bourrée d'héroïne
    Et les hommes-grenouilles n'en sont pas revenus...
    Libérez les sardines
    Et y'aura plus de mareyeurs!

    Si tu savais ce que je sais
    On te montrerait du doigt dans la rue
    Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
    Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen!

    Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
    A la publicité des enzymes et du charme
    Au trafic des dollars et aux traficants d'armes
    Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
    Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
    Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
    Avec le vent au cul et des sextants d'alarme
    Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

    Les mots... toujours les mots, bien sûr!
    Citoyens! Aux armes!
    Aux pépées, Citoyens! A l'Amour, Citoyens!
    Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés!
    Les préfectures sont des monuments en airain... un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas... C'est vous dire!

    Nous ne sommes même plus des juifs allemands
    Nous ne sommes plus rien

    Il n'y a plus rien

    Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes!
    Des poitrines occupées
    Des ventres vacants
    Arrange-toi avec ça!

    Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
    C'est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d'être reconnu par ses admirateurs
    Dieu est une idole, aussi!
    Sous les pavés il n'y a plus la plage
    Il y a l'enfer et la Sécurité
    Notre vraie vie n'est pas ailleurs, elle est ici
    Nous sommes au monde, on nous l'a assez dit
    N'en déplaise à la littérature

    Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
    A l'encyclopédie, les mots!
    Et nous partons avec nos cris!
    Et voilà!

    Il n'y a plus rien... plus, plus rien

    Je suis un chien?
    Perhaps!
    Je suis un rat
    Rien

    Avec le coeur battant jusqu'à la dernière battue

    Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens:
    "Apprends donc à te coucher tout nu!
    "Fous en l'air tes pantoufles!
    "Renverse tes chaises!
    "Mange debout!
    "Assois-toi sur des tonnes d'inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

    Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
    Sors
    Marche
    Crève
    Baise
    Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
    Lâche ces notions, si ce sont des notions
    Rien ne vaut la peine de rien

    Il n'y a plus rien... plus, plus rien

    Invente des formules de nuit: CLN... C'est la nuit!
    Même au soleil, surtout au soleil, c'est la nuit
    Tu peux crever... Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
    Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d'études et le catéchisme ombilical.
    C'est vraiment dégueulasse
    Ils te tairont, les gens.
    Les gens taisent l'autre, toujours.
    Regarde, à table, quand ils mangent...
    Ils s'engouffrent dans l'innommé
    Ils se dépassent eux-mêmes et s'en vont vers l'ordure et le rot ponctuel!

    La ponctuation de l'absurde, c'est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l'atterrissage: on rote et on arrête le massacre.
    Sur les pistes de l'inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l'organe, du repu.

    Mes plus beaux souvenirs sont d'une autre planète
    Où les bouchers vendaient de l'homme à la criée

    Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
    Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
    Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes...
    Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
    Alors, becquetons!
    Côte à l'os pour deux personnes, tu connais?

    Heureusement il y a le lit: un parking!
    Tu viens, mon amour?
    Et puis, c'est comme à la roulette: on mise, on mise...
    Si la roulette n'avait qu'un trou, on nous ferait miser quand même
    D'ailleurs, c'est ce qu'on fait!
    Je comprends les joueurs: ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre...
    Et ils mettent, ils mettent...
    Le drame, dans le couple, c'est qu'on est deux
    Et qu'il n'y a qu'un trou dans la roulette...

    Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir

    Te marie pas
    Ne vote pas
    Sinon t'es coincé

    Elle était belle comme la révolte
    Nous l'avions dans les yeux,
    Dans les bras dans nos futals
    Elle s'appelait l'imagination

    Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
    Elle sommeillait
    On l'enterra de mémoire

    Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit!

    Transbahutez vos idées comme de la drogue... Tu risques rien à la frontière
    Rien dans les mains
    Rien dans les poches

    Tout dans la tronche!

    - Vous n'avez rien à déclarer?
    - Non.
    - Comment vous nommez-vous?
    - Karl Marx.
    - Allez, passez!

    Nous partîmes... Nous étions une poignée...
    Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets d'imagination dans le passé
    Écoutez-les... Écoutez-les...
    Ça rape comme le vin nouveau
    Nous partîmes... Nous étions une poignée
    Bientôt ça débordera sur les trottoirs
    La parlote ça n'est pas un détonateur suffisant
    Le silence armé, c'est bien, mais il faut bien fermer sa gueule...
    Toutes des concierges!
    Écoutez-les...

    Il n'y a plus rien

    Si les morts se levaient?
    Hein?

    Nous étions combien?
    Ça ira!

    La tristesse, toujours la tristesse...

    Ils chantaient, ils chantaient...
    Dans les rues...

    Te marie pas Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
    Et ceux de Mexico
    Bras dessus bras dessous
    Bien accrochés au rêve

    Ne vote pas

    0 DC8 des Pélicans
    Cigognes qui partent à l'heure
    Labrador Lèvres des bisons
    J'invente en bas des rennes bleus
    En habit rouge du couchant
    Je vais à l'Ouest de ma mémoire
    Vers la Clarté vers la Clarté

    Je m'éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
    Dans l'or de mes cheveux j'ai mis cent mille watts
    Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
    J'imagine le téléphone dans une lande
    Celle où nous nous voyons moi et moi
    Dans cette brume obscène au crépuscule teint
    Je ne suis qu'un voyant embarrassé de signes
    Mes circuits déconnectent
    Je ne suis qu'un binaire

    Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
    Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
    Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
    Roule Roule mon fils vers l'étoile idéale
    Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
    Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
    La mue ça ses fait à l'envers dans ce monde inventif
    Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
    Retourne tes yeux au-dedans de toi
    Quand tu auras passé le mur du mur
    Quand tu auras autrepassé ta vision
    Alors tu verras rien

    Il n'y a plus rien

    Que les pères et les mères
    Que ceux qui t'ont fait
    Que ceux qui ont fait tous les autres
    Que les "monsieur"
    Que les "madame"
    Que les "assis" dans les velours glacés, soumis, mollasses
    Que ces horribles magasins bipèdes et roulants
    Qui portent tout en devanture
    Tous ceux-là à qui tu pourras dire:

    Monsieur!
    Madame!

    Laissez donc ces gens-là tranquilles
    Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
    Ces désespoirs soumis
    Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
    Avec les poumons resserrés
    Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
    Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
    Et vous comptez vos sous?
    Pardon.... LEURS sous!

    Ce qui vous déshonore
    C'est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
    Dans vos salles de bains climatisées
    Dans vos bidets déserts
    En vos miroirs menteurs...

    Vous faites mentir les miroirs
    Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
    Cravatés
    Envisonnés
    Empapaoutés de morgue et d'ennui dans l'eau verte qui descend
    des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
    A un point donné
    A heure fixe
    Pour vos narcissiques partouzes.
    Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
    Tellement vous êtes beaux
    Et vous comptez vos sous
    En long
    En large
    En marge
    De ces salaires que vous lâchez avec précision
    Avec parcimonie
    J'allais dire "en douce" comme ces aquilons avant-coureurs et qui racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur et nivellateur qui empêche toute identification...
    Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l'anonymat.

    Les révolutions? Parlons-en!
    Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer
    Parce qu'elles vous servent,
    Parce qu'elles vous ont toujours servis,
    Ces révolutions de "l'histoire",
    Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous intéresser,
    Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu'il s'en prépare une autre.
    Lorsque quelque chose d'inédit vous choque et vous gêne,
    Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
    Dans un palace d'exilés, entouré du prestige des déracinés.
    Les racines profondes de ce pays, c'est Vous, paraît-il,
    Et quand on vous transbahute d'un "désordre de la rue", comme vous dites, à un "ordre nouveau" comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

    Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
    Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier,
    Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas?
    Et les "vauriens" qui vous amusent, ces "vauriens" qui vous dérangent aussi, on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les "vôtres" dans un drapeau.

    Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras!
    La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
    Vous avez le style du pouvoir
    Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
    Comme si vous parliez à vos subordonnés,
    De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu'on vous montre du doigt, dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise: "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
    Soyez tranquilles! Pour la reptation, vous êtes imbattables; seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore...
    Vous voulez bien vous allonger mais avec de l'allure,
    Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
    Et quand on sait ce qu'a pu vous coûter de silences aigres,
    De renvois mal aiguillés
    De demi-sourires séchés comme des larmes,
    Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage,
    Je me demande comment et pourquoi la Nature met
    Tant d'entêtement,
    Tant d'adresse
    Et tant d'indifférence biologique
    A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
    Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
    Jusqu'aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
    Dans votre grand monde,
    A la coupe des bien-pensants.

    Moi, je suis un bâtard.
    Nous sommes tous des bâtards.
    Ce qui nous sépare, aujourd'hui, c'est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil
    Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
    Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien

    Il n'y a plus rien

    Et ce rien, on vous le laisse!
    Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
    Nous, on peut pas.
    Un jour, dans dix mille ans,
    Quand vous ne serez plus là,
    Nous aurons TOUT
    Rien de vous
    Tout de nous
    Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
    Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
    Le sourire des bêtes enfin détraquées,
    La priorité à Gauche, permettez!

    Nous ne mourrons plus de rien
    Nous vivrons de tout

    Et les microbes de la connerie que nous n'aurez pas manqué de nous léguer, montant
    De vos fumures
    De vos livres engrangés dans vos silothèques
    De vos documents publics
    De vos règlements d'administration pénitentiaire
    De vos décrets
    De vos prières, même,
    Tous ces microbes...
    Soyez tranquilles,
    Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

    NOUS AURONS TOUT

    Dans dix mille ans.
     

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    Keny Arkana : La rage, son et vidéo clip

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La rage, extrait de l'album "Entre ciment et belle étoile" (2006)


    "La rage car ce monde ne nous correspond pas, Nous nourrissent de faux rêves pour placer leur rempart La rage car ce monde ne nous correspond pas, Où Babylone s'engraisse pendant qu'on crève en bas !! "

     
     
     
     

    Le clip :

     
     
    Paroles :
     

    La rage du peuple

    Ok, on a la rage mais c'est pas celle qui fait baver,
    Demande à Fabe, la vie claque comme une semelle sur les pavés
    La rage de voir nos buts entravés, de vivre en travers,
    la rage gravée depuis bien loin en arrière
    La rage d'avoir grandi trop vite quand des adultes volent ton enfance.
    PARS !! Imagine un mur et abolis la rage !
    Car impossible est cette paix tant voulue,
    La rage de voir autant de CRS armés dans nos rues.
    La rage de voir ce putain de monde s'autodétruire
    Et que ce soit toujours des innocents au centre des tirs,
    La rage car c'est l'homme qui a créé chaque mur,
    Se barricader de béton, aurait-il peur de la nature ?
    La rage car il a oublié qu'il en faisait parti,
    désharmonie profonde, mais dans quel monde la Colombe est partie ?
    La rage d'être autant balafré par les putains de normes,
    Et puis la rage, ouais la rage d'avoir la rage depuis qu'on est môme.

    (Refrain )
    Parce qu'on a la rage, on restera debout quoi qu'il arrive,
    La rage d'aller jusqu'au bout et là où veut bien nous mener la vie,
    Parce qu'on a la rage, on pourra plus s'taire ni s'asseoir dorénavant

    On s'tiendra prêt parce qu'on a la rage, le coeur et la foi !
    Parce qu'on a la rage, on restera debout quoi qu'il arrive,
    La rage d'aller jusqu'au bout au delà où veut bien nous mener la vie,
    Parce qu'on a la rage, rien ne pourra plus nous arrêter, insoumis, sage, marginal, humaniste ou révolté !

    La rage parce qu'on choisit rien et qu'on subit tout le temps
    Et vu que leurs chances sont bancales et bien tout équilibre fout le camp
    La rage car l'irréparable s'entasse depuis un bout de temps
    La rage car qu'est ce qu'on attend pour s'mettre debout et foutre le boucan

    La rage c'est tout ce qu'ils nous laissent, t'façon tout ce qui nous reste,
    La rage, combien des nôtres finiront par retourner leur veste !
    La rage de vivre et de vivre l'instant présent,

    De choisir son futur libre et sans leurs grilles d'oppressants !
    La rage, car c'est la merde et que ce monde y adhère,

    Et parce que tout leurs champs OGM stérilisent la Terre !
    La rage pour qu'un jour l'engrenage soit brisé
    Et la rage car trop lisent « Vérité » sur leur écran télévisé.
    La rage car ce monde ne nous correspond pas,

    Nous nourrissent de faux rêves pour placer leur rempart

    La rage car ce monde ne nous correspond pas,

    Où Babylone s'engraisse pendant qu'on crève en bas !!

    (Refrain)

    La rage d'y croire et de faire en sorte que ça bouge,

    La rage d'un Chirac, d'un Sharon, d'un Tony Blair ou d'un Bush !
    La rage car ce monde voit rouge mais de grisaille entouré

    Parce qu'ils n'entendent jamais les cris lorsque le sang coule
    La rage car c'est le pire que nous frôlons,
    La rage car l'Occident n'a toujours pas ôté sa tenue de colons !
    La rage car le mal tape sans cesse trop
    Et que ne sont plus mis au goût du jour tant de grands savoirs ancestraux
    La rage, trop de mensonges et de secrets gardés les luttes de nos Etats, riche de vérité, pouvoir changer l'humanité

    La rage car ils ne veulent pas que ça change, hein

    Préférant garder leur pouvoir et nous manipuler comme leurs engins.
    La rage car on croit aux anges et qu'on a choisit de marcher avec eux
    La rage parce que mes propos dérangent
    Vois aux quatre coins du globe, la rage du peuple en ébullition
    La rage, ouais la rage ou l'essence de la révolution !

    (Refrain x2)

    Anticapitalistes, alter-mondialistes, ou toi qui cherche la vérité sur ce monde,

    la résistance de demain …à la veille d'une révolution

    Mondiale et spirituelle, la rage du peuple,

    La rabbia del pueblo, parce qu'on a la rage,

    Celle qui fera trembler tes normes. (...Parce qu'on a la rage...)
    La rage a pris la populasse et la rage est énorme
     

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  • L'effort de soumission - Batlik

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un extrait de album de Batlik 'L'art des choix" (2010) : L'effort de soumission.

     Un très beau texte, une colère, un désir d'un autre monde.

     

     
    Paroles :
     

    A mesure que nous avançons
    Vers notre triste condition d'insecte
    Je porte un toast à tous ceux qui
    Ont lutté pour que nous puissions nous arracher
    A cette condition forcée
    A tous ceux qui pensent que nous sommes
    Des humains et pas qu’une somme
    De cerveaux disponibles
    Des parts de tranche de cible
    A tous ceux qui l'ouvrent bien grand
    Activistes et manifestants
    A  nos amis anarchistes
    A tous les fous terroristes
    Ceux pour qui la démocratie
    Se vide de son sens
    Si elle n'inclue plus le droit de dire non
    Sans qu'une faction de flics fonde sur toi
    Comme pour chaque quartier sinistré
    A qui on demande de la boucler
    De ne surtout pas montrer
    L’échec maintenu d'une politique
    Raciste injuste et bâclée
    A ceux qui exigent le respect
    Malgré les menaces du préfet
    Tous ceux qu'on discrimine et puis qu'on incrimine
    Enfin aux luttes fières et exemplaires
    Dont nous sommes chacun tributaire
    Des vagues d'immigration venue
    Enrichir le sol, le sang et le sens de cette nation.

    Maintenant qu'on travaille pour les banques
    Qu'on sait très bien que rien ne manque
    Et que l'Etat de droit n'est là
    Que pour garantir la bonne marche de ce système là
    Son incessante propagande
    Le modèle unique qu'ils nous vend
    Et les efforts qu'il mettent à réduire le reste en miettes
    A grand renfort de chantage sur l'exclusion et le chômage
    Et pour les plus endurcis
    L'option d'aller taffer pour rien
    Au fond d'une prison pourrie
    Où  cachetons, télévision, chichons se roulaient
    Rempart à la rébellion
    Pendant que police et code pénal
    Maintiennent la paix sociale
    A l'heure où la noblesse d'état
    Et son américain d'avocat
    Veulent nous donner des leçons
    Sur l'effort de soumission
    Je porte un toast à la colère
    Légitimée sans savoir-faire
    Parce que le, c'est déjà ça
    C'est à elle qu'on le doit.


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  • Un minimum - Nouvel R

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un petit voyage dans la France qui vit du minimum ... beaucoup trop de personnes vont se reconnaître dans ce portrait.

    Bienvenue dans la cinquième puissance économique mondiale!

    Il y aurait pas un petit problème de répartition des richesses par hasard?

     

    Un extrait de l'album "Tout va bien" (2010) de Nouvel R : Un minimum

    Le site officiel de Nouvel R : http://www.nouvelr.fr/fr/

     

     
    Paroles :
     

    Un peu de pognon, un peu de travail, un p’tit crédit, un peu de répit,

    Un peu de poisse, un peu de chance, un peu de patience, un peu de vacances,

    Un peu de sexe, un peu d’amour, un peu de soupirs, un peu de sourires,

    Un p’tit bambin qui ne fait qui ne fait que grandir, un peu de galère, un peu de colère,

    Un peu de vide dans le frigidaire, un peu d’insultes, un peu de trafic,

    Un peu de fatigue, et deux trois fautes,

    Un peu de taule, un peu de mépris, un peu de mort, un peu de vie,

    Un minimum, Un minimum, Un minimum

    C’est le retour de la crise, le revers de la médaille,

    Les caisses vides le disent, tout le monde est sur la paille.

    Essayant tant bien que mal de joindre les deux bouts,

    Garder la tête haute, rester debout.

    Les écarts se transforment, deviennent des falaises,

    Sensation de vertige, le malaise pèse

    Dans la balance, le cul entre deux chaises,

    Balloté dans tous les sens.

    Petit boulot, faut l’accepter,

    Crédit sur le dos qu’on s’est pété,

    Inégale répartition des richesses,

    Dis-moi c’est ça la modernité ?

    Le stress est de mise on avance sans balise

    Sur la chance beaucoup misent, il y a peu de surprise

    Pour fuir le chômage, fuir son emprise.

    L’état désengage et le peuple s’enlise.

    Refrain

    J’appuie sur pause, analyse les choses, les dérives les causes,

    J’me bats comme tous ceux qu’on écrase.

    Les ouvriers, les petits commerces, les temps partiels, les rmistes,

    Étudiants pauvres, les petites retraites, les immigrés, les SDF.

    La rue en cause, trouve les portes closes, des questions se posent,

    On nous sort toujours de belles phrases.


    Pommes de terre encore, conserves alimentaires,

    Seulement le quinze du mois et c’est déjà la faim qui tord

    Le corps, besoins élémentaires et le menteur

    Fera un beau discours à vingt heures où positif est l’inventaire.

    Culpabilisation du demandeur d’emploi, plus de deux refus et plus de droit.

    Tant d’ouvriers déçus qui ne se réclament plus de droite.

    Le droit de travailler pour payer, charges et loyer noyés dans les factures.

    Le cerf se débat, pas le seigneur, le roi aggrave la facture.

    Lorsque les vitrines qui font envie réussissent à nous faire croire

    Que toute cette marchandise a plus de valeur que nos vies.

    Quand les discours ne tiennent pas leurs promesses,

    Alors que l’amalgame est fait entre précarité et paresse.

    Maladresse dans les mots et dans les gestes, y’a l’opulence et puis le reste…

    Un peu deféraille dans la poche,

    Juste ce qu’il faut pour ne pas perdre la face

    Quand les vitrines reflètent nos visages envieux, on se casse.

    (refrain)

    Drôle d’époque, début de siècle, ça se bouscule et s’entasse

    Au portail de la débrouille, dans la détresse de cette impasse.

    Drôle d’époque, début de siècle, ça se trahit dans le brouillard,

    Ça baisse les bras, ça baisse la garde quand d’autres s’entraident et se préparent.


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